La biodiversité dans votre cour

Transformez votre cour en habitat essentiel


Laissez votre cour revenir à l'état sauvage! Il est facile de contribuer à la biodiversité en fournissant des choses de toute première nécessité, comme de l'eau, des aliments et des abris. La disparition de l'habitat étant la plus grande des menaces qui pèsent sur la biodiversité dans le monde, les cours et les quartiers sont des pièces essentielles au maintien de l'unité d'un paysage naturel de plus en plus fragmenté. Ils recèlent un potentiel de création d'un habitat dont les oiseaux et les espèces sauvages ont le plus grand besoin.

Pour que votre cour contribue à la biodiversité, vous pourriez :

  • Naturaliser votre pelouse : Les pelouses ne sont pas des habitats naturels. La création d'une zone naturalisée dans votre cour réduira les dimensions de votre pelouse et diminuera le nombre de fois où vous devrez tondre et arroser. Commencez par les sections qui ne conviennent pas bien pour l'herbe, comme les zones ombragées. Plantez divers types de végétation (herbes, fleurs, arbustes, arbres, etc.) et groupez-les pour attirer les insectes, les oiseaux, les papillons, les oiseaux-mouches et d'autres animaux. Si vous voulez attirer une espèce donnée dans votre jardin, vous devrez satisfaire à ses besoins particuliers en matière d'aliments, d'eau et d'abri.

  • Créer un étang : Les étangs servent d'habitat à diverses espèces, allant des insectes aux grenouilles et aux poissons. Si les moustiques vous préoccupent, vous pouvez introduire dans votre étang de nombreux prédateurs naturels, dont les notonectes et les corises. (Mais n'allez pas introduire le gambusie, une espèce envahissante du Sud et de l'Est des É. U. qui menace les populations indigènes de poissons en mordillant leurs nageoires!) Si l'espace est un facteur limitant, un bain d'oiseaux attirera non seulement les oiseaux, mais aussi les insectes pollinisateurs et même les suisses.

  • Créer d'autres types d'habitats : Fournissez des aliments sauvages en plantant des espèces vivaces, par exemple des arbres fruitiers et des noyers, des fleurs nectarifères et des arbustes fruitiers. Les arbres et les arbustes fourniront aussi un abri naturel. Les arbres morts sont un habitat important pour les oiseaux, les insectes, les écureuils, les suisses et d'autres mammifères; ils peuvent devenir un élément unique de votre cour si vous les laissez debout. Les pierres, les billes, les paillis et les piles de compost offrent aux lapins, aux musaraignes, aux souris, aux couleuvres et aux salamandres un endroit où pondre leurs œufs et élever leurs petits.

  • Planter des espèces indigènes : Que vous ayez un jardin de fleurs, un potager, une rocaille ou un jardin naturel, les espèces indigènes sont un élément important de la biodiversité, qui crée un habitat naturel pour les espèces sauvages locales. Elles ont aussi besoin de moins d'eau, d'entretien et de produits chimiques que les espèces exotiques et sont adaptées aux conditions particulières du milieu local. Pour en savoir davantage sur les plantes indigènes de votre région, visitez votre association pour la sauvegarde des plantes indigènes ou votre arboretum local.

  • Enlever les plantes exotiques : Les plantes qui ne sont pas indigènes dans une région, comme la salicaire pourpre, peuvent devenir envahissantes et se répandre dans votre jardin et dans les zones naturelles avoisinantes, et menacer la survie des espèces indigènes. Les enlever créera de l'espace pour des plantes indigènes dont le développement s'est effectué dans l'écosystème local et fournira un habitat à d'autres espèces.

  • Faire pousser des variétés patrimoniales et préserver les graines : Il est essentiel, pour maintenir la diversité des espèces indigènes du Canada et préserver leurs ressources génétiques pour l'avenir, de planter des variétés patrimoniales rares ou en péril. La pratique actuelle consistant à produire un choix très limité d'espèces, ainsi que les progrès récents en biotechnologie et la mise au point d'organismes génétiquement modifiés (OGM) menacent les espèces patrimoniales. Pourtant, celles ci ont souvent des qualités uniques, comme un goût, des formes et des couleurs inhabituels, que vous ne trouvez pas à l'épicerie.

  • Ne pas utiliser de produits chimiques! (fertilisants, insecticides, herbicides ou pesticides) : Les produits chimiques utilisés sur nos pelouses et dans nos jardins, outre qu'ils nuisent à l'environnement, sont nocifs pour nous. Ils contaminent le sol et l'eau, et empoisonnent les insectes, les oiseaux et les poissons. Le rapport du Comité permanent de l'environnement et du développement durable de la Chambre des communes, Les pesticides, un choix judicieux s'impose, pour protéger la santé et l'environnement, diffusé en 2000, fait remarquer que des études ont prouvé la nocivité particulière de l'exposition aux pesticides chez les enfants, et l'existence d'un lien entre cette exposition et différentes formes de cancer et de problèmes cérébraux et du système nerveux. Ce rapport exprime en particulier des craintes à propos des composés organochlorés et d'autres insecticides qui perturbent le système endocrinien et ont des répercussions sur le développement des fœtus.

  • Pratiquer le jardinage biologique : Le jardinage biologique maximise la santé du sol, des végétaux, des animaux et de l'être humain grâce à l'utilisation de pratiques agronomiques durables et de façons naturelles, qui excluent le recours à des produits chimiques, de lutter contre les ravageurs et les mauvaises herbes. La culture biologique consiste à enrichir le sol, ce qui lui permet de faire pousser des plantes vigoureuses qui réussiront à concurrencer les mauvaises herbes, seront rebelles aux infestations de ravageurs et résisteront aux maladies sans produits pétrochimiques. L'amélioration du sol se fait, notamment, par des apports de compost et par les cultures de couverture.

  • Composter : Plutôt que d'utiliser des fertilisants chimiques, compostez vos restes de fruits et de légumes, vos moutures de café, vos sacs de thé, vos coquilles d'œuf, vos feuilles et vos rognures de gazon afin de créer de la matière organique décomposée (du compost). L'ajout de ce compost à votre jardin enrichira votre sol en favorisant la présence de vers et de microorganismes, en améliorant le drainage, en augmentant la capacité du sol de retenir l'humidité et en apportant des éléments nutritifs pour la croissance des plantes. C'est aussi une façon fantastique de réduire la quantité de déchets que vous envoyez à la décharge.

  • Garder votre chat à l'intérieur pendant la nuit : Parce que les chats sont des prédateurs nocturnes et qu'ils menacent les oiseaux, les souris, les grenouilles et d'autres animaux qui peuvent être attirés par votre jardin et votre cour, il vaut mieux enfermer votre chat dans la maison la nuit. Pour contribuer à la sécurité des espèces sauvages lorsque votre chat est dehors, attachez une clochette à son collier et rendez les mangeoires et les cabanes à oiseaux à l'épreuve des prédateurs.

Vous n'avez pas de cour? Même si vous vivez dans un immeuble d'habitation d'une grande ville, il existe de nombreuses façons de contribuer à la conservation de la biodiversité. Vous pourriez :

  • Faire du jardinage urbain : Toutes les plantes comptent : vous pouvez jouer un rôle non négligeable en ajoutant de la végétation à votre surface habitable, à votre balcon ou à votre toit. Faites preuve de créativité en utilisant différents types de contenants; il est possible, par exemple, de transformer une pataugeoire de plastique en jardin urbain productif. Lorsque c'est possible, réutilisez divers contenants domestiques. Une autre option, ce serait d'obtenir la permission de planter des espèces indigènes autour de votre immeuble, là où il y a actuellement des parcelles de pelouse.

  • Pratiquer le compostage intérieur : Vous pouvez vous livrer au lombricompostage (ou vermicompostage) en appartement, c'est à dire donner des déchets (restes de fruits et de légumes, moutures de café, sacs de thé et coquilles d'œuf) à des vers de terre pour que ceux ci les décomposent. Vous pouvez faire votre propre bac à compostage ou en acheter un tout fait. Le livre de Mary Appelhof, Worms Eat my Garbage, est une excellente ressource pour ceux qui veulent commencer à vermicomposter.

  • Faire partie d'un jardin communautaire : Vous pouvez jouer un rôle appréciable en faisant partie d'un jardin communautaire. Ces jardins appartiennent à deux types principaux : le style attribution de parcelles, dans lesquelles vous faites pousser vos propres produits et les jardins d'agriculture partagée, dans lesquels l'agriculteur fait pousser les produits pour vous. C'est une façon sensationnelle d'établir un lien avec la source de vos aliments!

  • Acheter d'un agriculteur local qui fréquente votre marché de producteurs : Les petits producteurs locaux sont en général plus que les gros enclins à établir avec vous des relations qui vous permettront d'encourager ce qu'ils font pour soutenir la biodiversité.

  • Éteindre les lumières qui ne servent pas : Les oiseaux sont blessés et tués par les fenêtres qu'ils ne peuvent pas voir. Ce problème est plus aigu au printemps et à l'automne, pendant la migration. Guidés en partie par les constellations d'étoiles, les oiseaux sont attirés par les lumières brillantes des gratte-ciel, des tours de radiodiffusion, des phares, des monuments et d'autres structures élevées. Soit ils volettent autour de la lumière jusqu'à tomber d'épuisement, soit ils frappent l'objet. S'ils ne sont pas tués sur le coup, ces oiseaux deviennent des proies faciles pour les prédateurs.