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Rapport technique thématique no. 18. - Tendances relatives aux oiseaux aquatiques coloniaux de l'arrière-pays et aux oiseaux de marais au Canada

Ce rapport est aussi disponible en version PDF. Rapport technique thématique no. 18. - Tendances relatives aux oiseaux aquatiques coloniaux de l'arrière - pays et aux oiseaux de marais au Canada ( PDF, 2.2 Mo)

Information sur le document

Tendances relatives aux oiseaux aquatiques coloniaux de l’arrière-pays et aux oiseaux de marais au Canada

Couverture de la publication

D.V.C. WeselohNotea

Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010
Rapport technique thématique no 18
Publié par les Conseils canadiens des ministres des ressources

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada

Tendances relatives aux oiseaux aquatiques coloniaux de l’arrière-pays et aux oiseaux de marais au Canada.

Publié aussi en anglais sous le titre :
Inland colonial waterbird and marsh bird trends for Canada
Monographie électronique en version PDF
ISBN 978-1-100-99679-0
No de cat. : En14-43/18-2012F-PDF

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Ce rapport devrait être cité comme suit :
Weseloh, D.V.C. 2011. Tendances relatives aux oiseaux aquatiques coloniaux de larrière-pays et aux oiseaux de marais au Canada. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 18. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, (Ont.). iv + 40 p.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2012
Also available in English

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Notes de bas de page

Note a

Service canadien de la faune, Environnement Canada, Downsview (Ontario)

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Préface

Les Conseils canadiens des ministres des ressources ont élaboré un Cadre axé sur les résultats en matière de biodiversitéNote1 en 2006 pour mettre l’accent sur les mesures de conservation et de restauration conformément à la Stratégie canadienne de la biodiversitéNote2. Le rapport Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010Note3 a été le premier rapport rédigé suivant ce cadre. Il permet d’évaluer les progrès réalisés en vue d’atteindre l’objectif du cadre, à savoir des « écosystèmes sains et diversifiés », et d’obtenir les deux résultats souhaités en matière de conservation :

  • des écosystèmes productifs, résilients et diversifiés capables de se rétablir et de s’adapter et
  • la restauration des écosystèmes endommagés.

Les 22 constatations clés récurrentes présentées dans Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010 sont issues de la synthèse et de l’analyse des rapports techniques préparés dans le cadre de ce projet. Plus de 500 experts ont participé à la rédaction et à l’examen de ces documents de base. Le présent document, Tendances relatives aux oiseaux aquatiques coloniaux de l'arrière-pays et aux oiseaux de marais au Canada, s’inscrit dans un ensemble de rapports portant sur la situation et les tendances de thèmes nationaux intersectoriels. Il a été rédigé par des spécialistes du champ d’étude et exprime le point de vue de son auteur et des collaborateurs.

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Collaborateurs

G. Beyersbergen, S. Boyd, A. Breault, P. Brousseau, M. Drever, S.G. Gilliland, B. Jobin, B. Johns, V. Johnston, S. Meyer, R. Millikin, C. Pekarik, J. Rausch, D. Shervill, S.I. Wilhelm

Remerciements

Je tiens à remercier tous les collaborateurs qui ont pris le temps de m’envoyer leurs données et les références utiles et qui m’ont fourni les explications nécessaires.

Système de classification écologique – écozones+

Une version légèrement modifiée des écozones terrestres du Canada, décrite dans le Cadre écologique national pour le CanadaNote4, a permis de déterminer les zones représentatives d’écosystèmes pour tous les rapports compris dans le présent projet. Les modifications comprennent : un ajustement des limites terrestres pour tenir compte des améliorations résultant des activités de vérification au sol; la fusion des trois écozones de l’Arctique en une seule écozone; l’utilisation de deux écoprovinces, à savoir le bassin intérieur de l’Ouest et la forêt boréale de Terre-Neuve; l’ajout de neuf zones marines représentatives d’écosystèmes; et l’ajout de l’écozone des Grands Lacs. Ce système de classification modifié est désigné par « écozones+ » dans ces rapports afin d’éviter toute confusion avec les « écozones » mieux connues du cadre initialNote5.

Cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes du Canada.

carte

Description longue pour la carte de l'écozone+ du Canada

Cette carte du Canada montre le cadre de classification écologique pour le Rapport sur l'état et les tendances des écosystèmes, appelé « écozones+ ». Cette carte illustre la répartition des 15 écozones+ terrestres (Maritime de l'Atlantique; Boréale de Terre-Neuve; Taïga du bouclier; Plaines à forêts mixtes; Bouclier boréal; Plaines hudsoniennes; Prairies; Plaines boréales; Cordillère montagnarde; Bassin intérieur de l'Ouest; Maritime du Pacifique; Cordillère boréale; Taïga de la cordillère; Taïga des plaines; Arctique), deux grandes écozones+ de lacs (Grand Lacs; Lac Winnipeg), et neuf écozones+ marines (Estuaire et golfe du Saint-Laurent; Golfe du Maine et plateau néo-écossais; Plateaux de Terre-Neuve et du Labrador; Baie d'Hudson, baie James et bassin Foxe; Archipel Arctique canadien; Mer de Beaufort; Côte nord et détroit d'Hécate; Côte ouest de l'île de Vancouver; Détroit de Georgia).

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Résumé

Ce rapport a pout but de présenter des données sur les tendances temporelles des populations et, dans la mesure du possible, les indices vitaux des oiseaux aquatiques coloniaux et des oiseaux de marais dans les 16 écozones+ terrestres du Canada. Malheureusement, il a été impossible de trouver ces données pour trois écozones+ – les écozones+ de la taïga de la cordillère, de la taïga du bouclier et des plaines hudsoniennes –, de sorte qu’aucune donnée n’est présentée pour ces écozones+ dans le présent rapport. Nous disposons de données historiques, parfois abondantes, pour quatre écozones+ – les écozones+ de la cordillère boréale, du bassin intérieur de l’Ouest, de la cordillère montagnarde et des Prairies –, mais il n’y a pas de données récentes avec lesquelles les comparer pour déterminer les tendances. Pour les neuf autres écozones+, nous disposons d’un ou de plusieurs ensembles de données sur cinq ans ou plus qui peuvent livrer des informations préliminaires; les données sont beaucoup plus nombreuses pour certaines de ces écozones+ que pour d’autres. Les résultats pour ces neuf écozones+ sont donnés en bref ci-dessous.

  • Écozone+ maritime de l’Atlantique – Des données sont présentées pour une espèce. Les données recueillies depuis les années 1990 pour le Grand Héron aux îles de la Madeleine indiquent que l’effectif y est stable.
  • Écozone+ des Grands Lacs – Les tendances sur 30 ans sont connues pour au moins dix espèces d’oiseaux aquatiques coloniaux. L’effectif de quatre espèces (Pélican d’Amérique, Cormoran à aigrettes, Grande Aigrette et Sterne caspienne) augmente, l’effectif de quatre autres espèces (Goéland à bec cerclé, Goéland argenté, Goéland marin et Sterne pierregarin) diminue et l’effectif de deux autres (Grand Héron et Bihoreau gris) est stable. Parmi les oiseaux de marais, les effectifs de la Grèbe à bec bigarré, du Râle de Virginie, de la Gallinule poule-d’eau/Foulque d’Amérique, de la Guifette noire et du Carouge à épaulettes ont tous diminué significativement depuis 13 ans.
  • Écozone+ des plaines à forêts mixtes – Les populations de la Guifette noire au Québec ont chuté, tandis que celles du Goéland à bec cerclé ont diminué plus lentement. Les données sur cinq ans recueillies par le Programme de surveillance des marais montrent de façon préliminaire une diminution des effectifs de la Marouette de Caroline, du Râle de Virginie et de la Gallinule poule-d’eau/Foulque d’Amérique. L’effectif de la Grande Aigrette augmente, tandis que ceux du Grand Héron et du Bihoreau gris sont stables. Une base de données des relevés sur 36 ans montre que quatre espèces accusent une baisse d’effectif d’entre 46 % et 77 % alors que les effectifs de neuf autres ont augmenté d’entre 40 % et 80 %.
  • Écozone+ du bouclier boréal – Nous disposons de données à long terme pour le Grand Héron, mais la vaste étendue de l’écozone+ rend difficile de déterminer les tendances. L’effectif de la Grue du Canada a été documenté au cours des relevés du Canard noir et il a augmenté de façon spectaculaire depuis 1990. Ces relevés ont aussi été l’occasion de recenser les effectifs du Goéland argenté, du Goéland marin et du Plongeon huard : les effectifs des plongeons présentent une hausse significative, tandis que ceux des goélands sont stables. L’effectif du Cormoran à aigrettes a augmenté sur la rive nord du golfe du Saint-Laurent. Dans l’écozone+ boréale de Terre-Neuve, les données ont été recueillies en même temps que dans l’écozone+ du bouclier boréal, et là aussi les populations du Goéland argenté et du Goéland marin sont stables, tandis que la population du Plongeon huard augmente.
  • Écozone+des plaines boréales – Une récente tendance sur 5 ans pour le Grèbe élégant en Alberta montre une importante baisse de la population et un faible succès de reproduction. En Saskatchewan, le Pélican d’Amérique a été recensé durant 16 ans, et l’oiseau a été rayé de la liste des espèces menacées, vraisemblablement parce que sa population a augmenté. Le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS – Breeding Bird Survey) montre que l’effectif de la Guifette noire a diminué à un rythme soutenu de 5,4 % par an sur une période de 28 ans, entre 1980 et 2007. Cela dit, l’applicabilité du BBS pour recenser convenablement les oiseaux aquatiques coloniaux est souvent mise en doute. Des données historiques sont aussi disponibles pour certaines espèces.
  • Écozone+ de la taïga des plaines – On note une forte progression à long terme de l’effectif de la Grue blanche à la réserve faunique nationale d’Aransas au Texas, et on suppose qu’elle est attribuable à une augmentation de la population dans les aires de reproduction canadiennes. Cet oiseau se reproduit uniquement dans la taïga des plaines du Canada, et cette progression témoigne de la protection de l’habitat ainsi que des conditions favorables dans les plaines. Un ensemble de données recueillies sur une longue période (24 ans) dans une petite région géographique près de Yellowknife pourrait permettre de dégager des tendances locales pour le Grèbe esclavon, mais les données n’ont pas été analysées pour ce rapport.
  • Écozone+ de l’Arctique – La densité de nids de la Mouette de Sabine avait diminué sur l’île Prince-Charles en 1996 par rapport à 1984, mais nous ne disposons pas de données récentes. On a établi la taille actuelle des populations de plusieurs autres espèces, mais nous ne disposons pas encore de tendances.
  • Écozone+ maritime du Pacifique – Les tendances ont été analysées pour 58 espèces (incluant de la sauvagine) suivies par le Relevé des oiseaux aquatiques des côtes, qui a débuté en 1999. Les populations du Goéland à ailes grises, du Goéland argenté, du Goéland de Californie et de la Mouette de Bonaparte régressent annuellement d’entre 5 % et 18 %, et l’effectif du Grèbe élégant continue de diminuer. On note une augmentation annuelle de 3 % pour le Cormoran à aigrettes et de 4 % pour le Cormoran pélagique.

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Introduction et méthodes

Le rapport a pour but de présenter des données sur les tendances des effectifs et d’autres éléments statistiques des populations d’oiseaux aquatiques coloniaux de l’arrière-pays et d’oiseaux de marais dans les 16 écozones+ terrestres du Canada. Les données ont été demandées par les membres chargés du chapitre sur les oiseaux aquatiques coloniaux de l’arrière-pays et les oiseaux de marais du Comité technique sur les oiseaux aquatiques du Canada et d’autres biologistes spécialistes des oiseaux aquatiques dans l’ensemble du pays. Étonnamment, peu d’ensembles de données à long terme ont été repérés, particulièrement pour certaines écozones+. Pour certaines écozones+, il n’existait pas de données (écozones+ de la taïga de la cordillère, de la taïga du bouclier et des plaines hudsoniennes); pour d’autres, on disposait de données historiques mais non de données actuelles (écozones+ de la cordillère boréale, du bassin intérieur de l’Ouest, de la cordillère montagnarde et des Prairies); pour d’autres encore, les données n’étaient pas encore analysées; pour d’autres enfin, on avait des données récentes, mais pas de données historiques. Pour neuf écozones+, il existait un ou plusieurs ensembles de données sur cinq ans ou plus qui ont été utilisés pour présenter des informations préliminaires; les données sont beaucoup plus nombreuses pour certaines de ces écozones+ que pour d’autres.

Pour chaque écozone+, nous faisons état de la nature des données recueillies et présentons les tendances des effectifs de certaines espèces, dans les cas où des données existent. De plus, encore pour chaque écozone+, nous énumérons les espèces indicatrices potentielles ou adoptées antérieurement afin d’attirer l’attention sur des espèces focales susceptibles, si suffisamment de données existaient, de fournir une indication sur la santé des écosystèmes dans l’écozone+. À l’heure actuelle, nous ne disposons pas nécessairement de données suffisantes pour évaluer les tendances de toutes ces espèces.

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Oiseaux aquatiques coloniaux de l’arrière-pays

Kushlan (1993) a fait un examen approfondi de l’emploi d’oiseaux aquatiques coloniaux de l’arrière-pays, dont des mouettes et goélands, des sternes, des hérons, plusieurs grèbes et des cormorans, comme indicateurs de la santé des écosystèmes. La plupart des espèces sont essentiellement piscivores, ce qui les place au sommet du réseau trophique en milieu aquatique et en fait de bons indicateurs des perturbations dans l’écosystème. Tout aussi important, ces oiseaux nichent habituellement en nombres assez grands, dans des colonies distinctes, ce qui facilite la localisation, l’identification, l’accès et le recensement des sites de nidification. Cet aspect les distingue nettement d’autres oiseaux aquatiques de l’arrière-pays comme les râles, butors, plongeons et grues, qui nichent de façon plus solitaire ou secrète, ce qui les rend beaucoup plus compliqués à localiser et à recenser.

Le principal paramètre pour évaluer les tendances chez les oiseaux aquatiques coloniaux de l’arrière-pays est la taille de la colonie, par exemple le nombre de nids ou de couples nicheurs dans la colonie. C’est qu’une fois connue la phénologie de l’espèce, il suffit de se rendre une seule fois au site, au bon moment, pour évaluer la taille de la colonie. Les données sur la taille de la colonie servent à répondre à des questions fondamentales, par exemple, combien y a-t-il de nicheurs et est-ce que leur effectif augmente ou diminue? S’il est souvent facile de répondre à ces questions fondamentales pour une seule colonie (ou un seul site), cela devient beaucoup plus difficile pour de grandes zones géographiques. Les méthodes de recensement des colonies d’oiseaux aquatiques dans la plupart des milieux ont été uniformisées (Erwin, 1981; Kushlan, 1986; Blokpoel et Tessier, 1996; Morriset al., 2003; Steinkampet al., 2003; Soos, 2004) . Celles pour effectuer les dénombrements dans la forêt boréale ont été proposées, mais ne sont pas encore appliquées (Morris, 2006; Weseloh et Moore, 2010).

Une fois établi le nombre de nicheurs, d’autres paramètres utiles peuvent être mesurés, comme la productivité, le régime alimentaire, les concentrations de contaminants, les dates d’arrivée et de départ des migrations et d’autres caractéristiques du cycle vital. Cependant, comme la mesure de la plupart de ces paramètres exige des visites multiples, du matériel coûteux et de fastidieuses identifications, très peu sont suivis autant que les tendances temporelles des populations.

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Oiseaux de marais

Les oiseaux qui nichent dans les marais sont des indicateurs de la santé de l’écosystème, parce qu’ils ont besoin d’un milieu humide pour compléter leur cycle vital. Les milieux humides, situés entre les milieux secs et les eaux libres ou pélagiques, sont des écosystèmes de transition qui sont influencés par les milieux terrestres et les milieux aquatiques. Par exemple, la quantité et la qualité de l’eau sont influencées par des attributs terrestres comme la porosité du sol, qui peut occasionner une forte sédimentation et une grande turbidité en raison d’un ruissellement important. De plus, l’utilisation des terres, par exemple pour l’agriculture, dans un bassin versant et à proximité d’un milieu humide influe sur la fonction de celui-ci en raison des apports d’engrais, d’herbicides et de pesticides (Environnement Canada et Central Lake Ontario Conservation Authority, 2004; Great Lakes Coastal Wetlands Consortium, 2008) . De même, le milieu aquatique fait sentir ses effets, par la présence d’espèces envahissantes et la régulation des niveaux d’eau qui affectent les fonctions du milieu humide en modifiant considérablement les communautés biotiques (Timmermanset al., 2008). Ces agents de stress dégradent les fonctions des milieux humides et détériorent l’habitat. Les oiseaux qui nichent dans les marais témoignent des modifications du milieu.

Beaucoup de programmes de surveillance et d’initiatives de conservation emploient les oiseaux nichant dans les marais comme indicateurs de l’écosystème. Par exemple, la Conférence sur l’état de l’écosystème des Grands Lacs, qui rend compte de la santé des Grands Lacs tous les trois ans, emploie des données sur ces oiseaux fournies par le Programme de surveillance des marais des Grands Lacs – programme faisant appel à des bénévoles qu’administre Études d’Oiseaux Canada, en partenariat avec Environnement Canada et avec l’aide financière de l’Agence des États-Unis pour la protection de l’environnement (USEPA). Dans les provinces des Prairies, le Prairie and Parkland Marsh Monitoring Program, aussi administré par Études d’Oiseaux Canada, a entrepris une étude pilote en 2008 et a intensifié et élargi la surveillance en 2009-2010. Des programmes de surveillance régionaux et de surveillance des milieux humides ont mis en application des indices d’intégrité biologique, qui intègrent un certain nombre de paramètres ou de mesures, pour évaluer la santé d’un milieu humide ou le succès des interventions favorisant la conservation (Environnement Canada et Central Lake Ontario Conservation Authority, 2004; Archeret al., 2006; Great Lakes Coastal Wetlands Consortium, 2008; Meyer et Grabas, 2008) . Ces programmes de surveillance, conjugués aux activités d’intendance (par exemple, de restauration du milieu humide), facilitent la conservation des populations d’oiseaux qui nichent dans les marais et d’autres espèces sauvages, en fournissant des renseignements pour orienter la gestion adaptative et pour informer les gens des biens et services écologiques importants que procurent à la société les milieux humides et les oiseaux de marais.

Pour estimer la valeur de diverses espèces d’oiseaux nichant dans les marais comme indicateurs d’écosystème aux fins du présent rapport, les critères suivants ont été appliqués :

  1. Espèce abondante caractéristique de l’écozone+;
  2. Espèce pour laquelle on dispose de données sur les effectifs ou autres indicateurs biologiques sur de multiples années;
  3. Espèce ayant besoin des marais pour nicher (oiseaux qui nichent exclusivement dans les marais comme les grèbes, les râles et les butors);
  4. Espèce généraliste nichant dans les marais;
  5. Place de l’espèce dans la chaîne alimentaire (espèce se situant aux échelons supérieurs).

Parmi les diverses mesures biologiques couramment utilisées pour surveiller les oiseaux qui nichent dans les marais, les suivantes sont particulièrement utiles pour évaluer l’état de l’écosystème :

  • Tendances démographiques;
  • Structure et composition des communautés (perte ou gain de certaines espèces);
  • Modification de la période de reproduction (indicatrice des effets des changements climatiques);
  • Succès de reproduction et croissance des oisillons (indicateur de la contamination possible de l’habitat et d’éventuels changements dans le réseau trophique).

Les changements dans les populations intègrent des informations sur la survie durant l’année entière. Pour les espèces migratrices, les tendances des populations peuvent témoigner de l’état des aires de reproduction et des autres zones fréquentées. Par conséquent, l’évolution des populations des espèces migratrices devrait être examinée par rapport à d’autres communautés (les espèces résidentes, par exemple) et aux conditions abiotiques.

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Notes de bas de page

Note 1

Environnement Canada. 2006. Un cadre axé sur les résultats en matière de biodiversité pour le Canada. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. 8 p.

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Note 2

Groupe de travail fédéral-provincial-territorial sur la biodiversité. 1995. Stratégie canadienne de la biodiversité : réponse du Canada à la Convention sur la diversité écologique. Environnement Canada, Bureau de la Convention sur la biodiversité. Ottawa, ON. 80 p.

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Note 3

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada. 2010. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON. vi + 148 p

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Note 4

Groupe de travail sur la stratification écologique. 1995. Cadre écologique national pour le Canada. Agriculture et Agroalimentaire Canada, Direction générale de la recherche, Centre de recherches sur les terres et les ressources biologiques et Environnement Canada, Direction générale de l’état de l’environnement, Direction de l’analyse des écozones. Ottawa/Hull, ON. 144 p. Rapport et carte nationale 1/7 500 000.

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Note 5

Rankin, R., Austin, M., et Rice, J. 2011. Système de classification écologique pour le Rapport sur l’état et les tendances des écosystèmes. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010, Rapport technique thématique no 1. Conseils canadiens des ministres des ressources. Ottawa, ON.

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Introduction