La biodiversité dans les paysages ruraux

Travaillez en harmonie avec les systèmes naturels

Pour dire les choses simplement, l'intendance du paysage signifie que les Canadiennes et les Canadiens, y compris les propriétaires fonciers et d'autres citoyens, des entreprises privées et des bénévoles, s'occupent de nos terres, de notre air et de notre eau, et soutiennent les processus naturels dont la vie dépend. Partout dans les paysages exploités du Canada, dans les secteurs de l'agriculture, de la foresterie, des pêches et de la gestion des espèces sauvages ainsi que dans d'autres secteurs des ressources naturelles, la participation à des activités d'intendance bénévoles, allant de la gestion forestière durable au travail de conservation du sol, est l'un des moyens par lesquels les Canadiens s'engagent à améliorer la qualité de la vie et à favoriser l'édification de collectivités vivantes et saines.

Les propriétaires fonciers peuvent avoir accès, par l'entremise des sites Web des gouvernements provinciaux, à une manne de ressources sur les pratiques de gestion environnementale exemplaires, sur des sujets tels que les cultures, la foresterie, la gestion de l'eau, la lutte contre les ravageurs et la conservation du sol.

Canada's Stewardship Agenda : propose une vision nationale de l'intendance et des principes de fonctionnement pour l'intendance. Le Programme comporte quatre objectifs clés et a défini un ensemble de mesures prioritaires qui tiennent compte du rôle des intendants et renforcent leur autonomie. Parmi ces mesures, il y a la création d'un réseau national d'intendants, l'amélioration de la coordination entre les programmes et les activités d'intendance, et le soutien apporté à chacun des intendants pour qu'il effectue des activités de conservation.

Gestion durable des forêts : Le gouvernement du Canada, par l'entremise du Service canadien des forêts, a lancé le Programme des forêts modèles du Canada pour relever le défi consistant à trouver un équilibre entre le large éventail de ce que nous exigeons de nos jours de nos forêts, et les besoins des générations de demain. Il existe des forêts modèles dans neuf provinces; elles offrent différentes activités et des sites accessibles aux visiteurs et montrent comment des partenaires représentant diverses valeurs forestières collaborent pour en arriver à gérer la forêt de façon écologiquement viable. Des parcs nationaux, comme Jasper en Alberta et Gros-Morne à Terre-Neuve, comptent parmi les partenaires du Réseau des forêts modèles. Rendez-vous dans une forêt modèle et voyez comment les Canadiens mettent au point des démarches novatrices qui respectent notre patrimoine forestier.

Gardiens des ruisseaux : L'élaboration du programme des gardiens des ruisseaux (Streamkeepers), une initiative de Pêches et Océans Canada, a commencé en 1993. Ce programme vise à donner à des bénévoles la formation et l'appui dont ils ont besoin pour protéger et restaurer l'habitat aquatique local, à montrer au public l'importance des bassins versants et à favoriser la communication et la coopération en gestion des bassins versants. Le Streamkeepers Handbook and Modules, une ressource facile d'utilisation permettant de participer activement à la gestion d'un cours d'eau local, est la composante phare de ce programme; un programme complet d'éducation et de sensibilisation a été conçu autour de ce manuel. Il est possible de se le procurer en s'adressant à la Pacific Streamkeepers Federation, une association sans but lucratif mise sur pied en 1995 et qui appuie les groupes communautaires qui participent aux activités des gardiens des ruisseaux partout en Colombie-Britannique et au Yukon.

Les pratiques culturales ont une incidence énorme sur la biodiversité. L'agriculture industrielle moderne repose sur le remplacement de la végétation indigène diversifiée par un petit nombre de plantes qui poussent sur d'immenses étendues de terrain partout dans le monde. Mais d'autres façons de travailler s'implantent de plus en plus dans les paysages agricoles. Vous pourriez :

  • Contribuer à la conservation des races rares : Les races patrimoniales rares sont importantes en raison des caractères génétiques précieux qu'elles possèdent, comme la résistance à la maladie, la facilité à mettre bas, la bonne production de lait et la capacité d'être une bonne mère ou d'être florissant de santé dans des pâturages médiocres. Vous pouvez élever des races de bétail rares sur votre ferme ou appuyer des producteurs qui en élèvent en achetant leurs produits.

  • Pratiquer l'agriculture biologique : L'agriculture biologique maximise la santé du sol, des plantes, des animaux et de l'être humain parce qu'elle est en harmonie avec les systèmes naturels et fonctionne à l'aide de pratiques agraires écologiquement viables. Il s'agit d'en arriver à avoir un sol sain, biologiquement actif, dans lequel pousseront des plantes vigoureuses qui réussiront à faire concurrence aux mauvaises herbes, seront rebelles aux infestations de ravageurs et résisteront à la maladie sans que l'agriculteur ait recours à des produits pétrochimiques. On améliore le sol par des méthodes telles que l'incorporation de compost et les cultures de couverture. Le bétail dispose de suffisamment d'espace pour pouvoir bouger et a accès à de l'air frais et à la lumière du soleil; l'éleveur n'utilise pas d'hormones de croissance ni de faibles doses d'antibiotiques à titre préventif.

  • Pratiquer l'agriculture écologique : Les méthodes de l'agriculture écologique, qui sert souvent de transition vers l'agriculture biologique, respectent la nature pour créer un système alimentaire durable. L'agriculteur écologique fait pousser diverses cultures en rotation, afin d'assurer la diversité des cultures, et laisse certaines zones ainsi que les bordures naturelles des champs à l'état sauvage afin de fournir un habitat à un mélange diversifié de pollinisateurs naturels et d'insectes et d'oiseaux prédateurs. Lorsqu'on n'utilise pas de pesticides, certaines mauvaises herbes et divers insectes, amphibiens, reptiles, petits mammifères et oiseaux peuvent plus facilement trouver des habitats et des aliments non contaminés.

  • Pratiquer la rotation des cultures : Pratiquer la rotation des cultures, c'est cultiver chaque année dans une zone donnée autre chose que ce qui y avait été cultivé l'année précédente afin de réduire les mauvaises herbes, les infestations d'insectes et les maladies en brisant leur cycle naturel. La rotation garde le sol en santé, parce que les cultures comme la luzerne et d'autres légumineuses remplacent une partie de l'azote que le maïs et d'autres céréales enlèvent. La rotation des cultures améliore aussi la structure du sol, permet à l'eau de s'infiltrer et, comme il n'est pas nécessaire pour obtenir de bons résultats de travailler autant le sol, réduit l'érosion du sol.

  • Pratiquer le compagnonnage : Le compagnonnage est une façon de dissuader les insectes nuisibles de s'attaquer aux plantes en regroupant certains légumes afin de leur offrir une protection naturelle contre leurs ravageurs. Il est ainsi possible d'intercaler des feuilles de choux parmi les pommes de terre afin de réduire les dégâts de l'altise. Les œillets d'Inde dissuadent les insectes qui sont attirés par les tomates et les pommes de terre. L'ail repousse de nombreux insectes nuisibles et peut être planté avec tous les autres légumes à l'exception des oignons; les oignons peuvent également être utilisés de cette façon. Il y a aussi des variétés qui ne doivent pas être plantées ensemble, comme le chou-fleur et le brocoli, car elles attirent les mêmes ravageurs. Planter des fines herbes et des fleurs dans votre potager augmente sa diversité et attire un plus large éventail d'insectes; outre l'attrait visuel qu'elle présente, cette façon de faire aide à lutter contre les ravageurs des légumes. Des insectes bénéfiques sont attirés, par exemple, par le fenouil et l'aneth.

  • Vous livrer à la lutte intégrée : La lutte intégrée est une stratégie écosystémique visant à prévenir à long terme les infestations de ravageurs et les dommages qu'ils causent par une combinaison de techniques telles que la lutte biologique, la manipulation de l'habitat, la modification des pratiques culturales et l'utilisation de variétés résistantes. Les pesticides sont utilisés seulement lorsque la surveillance indique qu'ils sont nécessaires et conformément à des lignes directrices établies; le but des traitements est de n'enlever que l'organisme ciblé. Les produits utilisés dans la lutte sont choisis et appliqués de manière à minimiser les risques pour la santé de l'être humain, pour les organismes bénéfiques et non ciblés ainsi que pour l'environnement.

  • Utiliser les techniques du travail de conservation du : Le travail de conservation du sol (travail réduit, semis directs ou culture minimale) peut faire augmenter les rendements, réduire le coût des intrants, conserver le sol et l'eau, réduire les besoins en main-d'œuvre et améliorer les rendements économiques. Il réduit aussi l'érosion et le compactage du sol, améliore la condition du sol et conserve son humidité. Il est préférable d'utiliser la lutte intégrée avec ce régime, de façon à réduire la possibilité que la lutte contre les mauvaises herbes repose sur les herbicides.

  • Préparer un plan agricole environnemental (PAE) : Un PAE vous donnera une base pour déterminer la meilleure façon de préserver la biodiversité sur votre ferme. Le processus de PAE aide les agriculteurs à mettre en évidence les forces environnementales de leur exploitation, à repérer les sujets de préoccupation et à fixer des buts et des délais réalistes pour améliorer les conditions environnementales.

  • Faire don de terres écosensibles : Le Programme des dons écologiques d'Environnement Canada permet aux propriétaires fonciers, qu'il s'agisse de particuliers ou de sociétés, de protéger des terres écosensibles en les donnant à un organisme gouvernemental ou de bienfaisance qui se consacre à la protection de l'environnement. Le bénéficiaire gère la terre conformément à des objectifs et à des buts de conservation convenus en commun, et les donateurs ont droit à des avantages fiscaux pour leur don. Il est possible aussi d'accorder une servitude de conservation, c'est-à-dire un accord juridique conclu volontairement entre un propriétaire foncier et un organisme de conservation admissible, en vertu duquel le propriétaire continue de posséder et de gérer sa terre, à son bénéfice et à celui de l'environnement.