Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Stratégie canadienne de la biodiversité

OBJECTIF 1 - Conservation et utilisation durable

A. Flore et faune sauvages et autres organismes sauvages

Le premier élément de l'approche de la gestion écologique consiste à maintenir des populations d'espèces sauvages indigènes végétales et animales, ainsi que d'autres organismes sauvages, dans les écosystèmes, paysages terrestres et paysages aquatiques où ils vivent. Les résultats de recherches dans le domaine de la biologie de la conservation indiquent que le succès de la préservation des espèces repose sur le maintien de populations viables dans toute leur aire de distribution géographique naturelle.

Nombre de politiques et de programmes ont été élaborés et sont actuellement mis en oeuvre pour gérer les écosystèmes et les espèces. En 1990, le Conseil canadien des ministres de la faune a publié Une politique des espèces sauvages pour le Canada. Cette politique a pour objectif de maintenir et d'améliorer la santé et la diversité des espèces végétales et animales sauvages du Canada, de même que des autres organismes sauvages, tant pour eux-mêmes que dans l'intérêt des générations actuelles et futures.

« Flore et faune sauvages et autres organismes sauvages » s'entend de toute espèce sauvage et indigène, notamment les mammifères, oiseaux, poissons, reptiles, amphibiens, invertébrés, plantes, champignons, algues, bactéries, virus, protozoaires et autres organismes.

Beaucoup de programmes sont actuellement mis en oeuvre pour maintenir ou rétablir des populations d'espèces végétales et animales sauvages, et d'autres organismes sauvages. Il s'agit entre autres de programmes visant à gérer des espèces ou des populations qui sont récoltées à des fins commerciales, récréatives ou de subsistance, ainsi que des espèces qui ne sont pas utilisées à des fins de consommation. Bon nombre de ces programmes ont donné d'excellents résultats pour ce qui est d'assurer l'utilisation durable des ressources biologiques.

Durant des siècles, des collectivités ont compté sur les espèces animales et végétales sauvages et sur d'autres organismes sauvages pour se nourrir, s'abriter, se vêtir et travailler, et comme éléments de leur vie économique et spirituelle. De nos jours, les individus et les collectivités continuent de tenir à la faune, à la flore et aux autres organismes sauvages pour les avantages écologiques, économiques, sociaux et culturels qu'ils leur procurent.

Le Faucon pèlerin

L'augmentation du recours aux pesticides après la Seconde Guerre mondiale a causé le déclin du Faucon pèlerin au Canada et aux Étas-Unis. L'espèce a bien failli disparaître de son aire de répartition, dans le sud du Canada, mais de récents efforts de conservation l'ont sauvé de justesse. En 1992, sa sous espèce tundrius est remontée du rang des espèces menacées à celui des espèces vulnérables. Depuis 1976, plus de 1200 individus de la sous-espèce anatum ont été élevés en captivité puis relâchés dans la nature. Ces résultats positifs rendent les responsables de la faune optimistes : le relevé des anatum, prévu pour 1995, pourrait se solder par une amélioration du statut de l'espèce qui passerait de celui des espèce en danger de disparition à celui des espèces menacées.

On connaît mal le rôle écologique et l'importance économique d'un grand nombre de plantes, d'invertébrés, de micro-organismes, de champignons et d'autres organismes sauvages. Ces formes de vie créent et entretiennent le sol, recyclent les éléments nutritifs et jouent un rôle crucial dans le maintien de l'équilibre entre l'oxygène et le dioxyde de carbone, qui influe sur le climat et sur le régime de précipitations. Ainsi, les espèces et organismes sauvages et les services écologiques qu'ils assurent ont rendu possible la vie humaine sur la Terre. En termes économiques, les fonctions remplies ou services rendus par les écosystèmes sont à l'origine d'activités économiques qui génèrent des milliards de dollars.

En plus d'offrir des services écosystémiques, les espèces animales et végétales sauvages et les autres organismes sauvages apportent beaucoup à notre économie. Des millions de personnes dépensent des milliards de dollars dans des activités comme la pêche, la randonnée pédestre, l'observation des oiseaux, la chasse et la photographie.

Les ressources de la faune et de la flore sauvages sont également appréciées pour des raisons culturelles ou spirituelles. Les valeurs de cet ordre sont difficiles à chiffrer. Ce sont toutefois de vraies valeurs, qui contribuent à la santé et au bonheur de millions de personnes.

Grâce à une bonne gestion, de nombreuses populations d'espèces animales et végétales sauvages et d'autres organismes sauvages sont viables. Certaines diminuent toutefois, surtout parce que leur habitat s'est rétréci ou dégradé. Ainsi, les populations de plusieurs espèces de sauvagine ont dangereusement fléchi depuis 20 ans à cause de la diminution de leur couvert de nidification, de l'assèchement de terres humides et de la modification de leur habitat le long de leurs routes de migration. La surexploitation et le braconnage ont également contribué au déclin de certaines espèces. En dépit de nombreux exemples de gestion judicieuse des ressources, il y a encore beaucoup d'espèces en péril au Canada.

Retombées économiques des activités liées au poisson et à la faune au Canada

  • En 1991, près de 19 millions de Canadiens ont dépensé 5,6 milliards de dollars dans des activités liées à la flore et à la faune sauvages, comme la photgraphie dans la nature, l'observation des oiseaux, la chasse et la pêche. Cela représente une augmentation de 33 % par rapport à 1981.
  • En outre, quelque 1,8 million de touristes des États-Unis sont venus au Canada pour participer à de telles activités. Ils ont dépensé environ 800 millions de dollars.

Enquête sur l'importance de la faune pour les Canadiens, 1991

Orientations stratégiques :

  1. Appliquer des approches écologiques de planification et de gestion qui misent davantage sur la planification au niveau des paysages terrestres et aquatiques pour intégrer les objectifs sociaux et économiques aux objectifs de conservation de la biodiversité.
  2. Conserver les écosystèmes et les habitats essentiels à la survie des populations d'espèces de flore et de faune sauvages et d'autres organismes sauvages.
  3. Par la recherche, accroître nos connaissances sur l'état des espèces et de leurs populations, leur diversité génétique et les rapports écologiques qui existent entre elles, afin d'améliorer la planification et la gestion écologiques.
  4. S'assurer que la récolte des animaux et végétaux sauvages, ainsi que d'autres organismes sauvages, est soutenable et qu'elle réduit au minimum les effets néfastes de la cueillette sur les espèces non visées.
  5. Relier les écosystèmes fragmentés là où la chose est possible et nécessaire, en aménageant des corridors et en protégeant l'habitat d'espèces ou de populations isolées.
  6. Modifier ou éliminer les éléments des politiques et programmes gouvernementaux qui nuisent involontairement aux espèces animales et végétales sauvages, et aux autres organismes sauvages, sur les terrains privés et publics.
  7. Renforcer les mesures en vue de réduire et éliminer le rejet de substances ou de quantités de substances qui peuvent nuire aux écosystèmes, aux espèces et aux ressources génétiques.
  8. Faire en sorte d'envisager les facteurs tant économiques qu'écologiques pour déterminer quels sont les parasites et appliquer les stratégies de lutte antiparasitaire.
  9. Mettre au point des indicateurs afin de suivre les tendances des populations, espèces, habitats et écosystèmes sauvages, et appuyer leur gestion.
  10. Maintenir ou améliorer des mesures pour empêcher les populations in situ d'être menacées par la collecte de spécimens à des fins de conservation ex situ et autres. (S'il existe une seule population d'une espèce donnée et que celle-ci est très en danger, il peut être nécessaire de la déplacer en entier dans une installation de conservation ex situ afin de l'augmenter pour pouvoir ensuite rétablir plusieurs populations en milieu naturel.)
  11. Promouvoir la participation d'experts et d'établissements non gouvernementaux de conservation ex situ aux efforts de conservation in situ, et améliorer la participation d'organismes gouvernementaux aux efforts non gouvernementaux de conservation ex situ.
  12. En collaboration avec d'autres pays et organisations, mettre en oeuvre des mécanismes visant à conserver et à utiliser de façon durable les espèces sauvages, populations, écosystèmes et habitats transfrontaliers indigènes.

Création de zones protégées

Article 8 - Chaque Partie contractante [...] :

  1. établit un système de zones protégées [...] pour conserver la diversité biologique;
  2. élabore [...] les lignes directrices pour le choix, la création et la gestion de zones protégées [...].

Convention sur la diversité biologique