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Stratégie canadienne de la biodiversité

OBJECTIF 1 - Conservation et utilisation durable

D. Utilisation durable des ressources biologiques

L'approche de la gestion écologique a pour quatrième élément l'élaboration et l'application de politiques, de plans et de programmes sectoriels. L'utilisation durable des ressources biologiques et des écosystèmes est essentielle au bien-être des citoyens et nécessaire à la conservation de la biodiversité.

Initiative minière de Whitehorse

Coparrainée par l'Association minière du Canada et les ministres des mines du Canada, l'Initiative minière de Whitehorse (IMW) constituait un processus multilatéral visant à rendre l'industrie minière durable des points de vue social, économique et environnemental, grâce à un consensus politique et communautaire. Le processus a mené à l'établissement d'un Accord cadre approuvé par les ministres des mines, le ministre fédéral des Affaires indiennes et du Nord, les leaders des organisations autochtones, l'industrie, les syndicats et les groupes écologistes. L'Accord reconnaît que les réseaux de zones protégées sont essentiels pour préserver la santé de l'environnement, la diversité biologique et les processus écologiques, et qu'ils constituent un élément fondamental de l'équilibre durable de la société, de l'économie et de l'environnement. Ainsi, un des objectifs de l'Accord et de créer et de mettre à l'abri du développement industriel, d'ici l'an 2000, les zones protégées nécessaires pour assurer la représentation des régions terrestres naturelles du Canada.

Au Canada, nombre de politiques, de lois et de programmes favorisent actuellement l'utilisation durable des ressources biologiques. Ils portent notamment sur la conservation du sol, les taux de récolte durables pour les espèces sauvages, le piégeage, la pêche, les taux de pâturage durables pour les terres agricoles et l'utilisation durable des ressources forestières. Malheureusement, il y a aussi eu des cas où l'utilisation non durable a nui à l'économie et au bien-être des localités. Le Canada s'attaque aux problèmes de gestion des ressources soulevés par ces pratiques. Par exemple, le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine est mis en €uvre en réaction au déclin considérable des populations de sauvagine. L'industrie du tourisme est en train d'établir des codes de pratiques en matière d'environnement pour encourager l'utilisation durable des espèces sauvages, des parcs et des autres ressources nécessaires pour favoriser le secteur en pleine croissance de l'écotourisme.

Utilisation durable des éléments constitutifs de la diversité biologique

Article 10 - Chaque Partie contractante :

  1. intègre les considérations relatives à la conservation et à l'utilisation durable des ressources biologiques dans le processus décisionnel national;

Article 6 - Chaque Partie contractante :

b.
intègre la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique dans ses plans, programmes, et politiques sectoriels ou intersectoriels pertinents.

Convention sur la diversité biologique

Les collectivités autochtones jouent un rôle de plus en plus important dans l'élaboration de régimes coopératifs visant à préserver nos ressources pour le bénéfice des générations à venir. D'autres secteurs de la société se sensibilisent de plus en plus à la nécessité de conserver la biodiversité et de faire une utilisation durable des ressources biologiques.

Dans certains cas, il peut être possible d'exploiter des possibilités de traitement secondaire des ressources biologiques comme moyen d'augmenter les emplois, les profits ainsi que la diversité économique. Il faudra chercher à tirer parti de toutes ces possibilités afin de maintenir des taux de récolte durables des ressources biologiques.

Les systèmes biologiques sont dynamiques : la productivité biologique ainsi que la distribution et l'abondance des espèces peuvent changer considérablement. Par conséquent, les gestionnaires et utilisateurs des ressources doivent être conscients des fluctuations et des ajustements naturels et y réagir au moyen de pratiques de gestion appropriées.

Dans la section qui suit, les orientations stratégiques 1.32 à 1.38 s'appliquent à tous les secteurs de ressources renouvelables. Viennent ensuite des sections sur les zones agricoles, aquatiques et forestières.

Orientations stratégiques

32.
Modifier, élaborer et mettre en oeuvre des politiques et programmes gouvernementaux pour qu'ils appuient l'utilisation durable des ressources biologiques, la conservation du sol, de l'eau, de l'air et d'autres ressources essentielles ainsi que l'intégrité à long terme des écosystèmes porteurs.
33.
Améliorer les méthodes et les techniques qui soutiennent l'utilisation durable des ressources biologiques et éliminent ou réduisent au minimum les effets nocifs de l'utilisation des ressources sur la biodiversité.
34.
Élaborer et mettre en oeuvre des programmes d'éducation et de formation à l'intention des décideurs, des propriétaires fonciers, des locataires à bail, des gestionnaires de ressources et d'autres personnes s'occupant de gestion, d'exploitation et d'utilisation des ressources biologiques, afin qu'ils aient accès à la meilleure information, aux meilleures méthodes et aux meilleures techniques disponibles.
35.
Élaborer et améliorer des méthodes de surveillance des écosystèmes et des ressources biologiques dans le but d'appuyer l'utilisation durable de ces ressources.
36.
Autant que possible, fournir de l'information susceptible d'aider le consommateur à comprendre les impacts et les conséquences de ses décisions et de promouvoir l'utilisation durable des ressources biologiques et des écosystèmes.
37.
Améliorer l'efficacité de la participation du public à l'élaboration des politiques sur l'utilisation des ressources biologiques en appliquant diverses mesures, comme les processus décisionnels intégrés et les mécanismes de règlement des différends.
38.
Établir des liens entre le processus de mise en oeuvre de la Stratégie canadienne de la biodiversité et ceux d'autres initiatives nationales connexes, comme la stratégie nationale sur les forêts, les programmes sur la qualité de l'air et sur les changements climatiques, la Politique des espèces sauvages pour le Canada, le Plan nord-américain de gestion de la sauvagine, les stratégies agricoles et l'Initiative minière de Whitehorse, et assurer la coordination de ces processus.



Zones agricoles

L'industrie agricole et agro-alimentaire contribue de façon importante à l'économie canadienne; elle représente 8 % du produit national brut et est à l'origine de 15 % des emplois au Canada. Environ 7 % de la surface terrestre du Canada fait l'objet de production agricole sous une forme ou une autre, et un demi-million d'agriculteurs se consacrent à la production alimentaire primaire, ce qui représente 18 milliards de dollars par année. Plus d'un million de Canadiens travaillent dans le secteur de la transformation alimentaire, qui, en 1992, constituait la deuxième plus grande industrie manufacturière du pays, avec un chiffre d'affaires total de 43,6 milliards de dollars.

Superficie consacrée à l'agriculture

Statistics Canada, 1993

Tout comme les humains dépendent des produits agricoles, l'agriculture, elle, dépend des ressources biologiques et des écosystèmes qui fournissent les matières premières requises pour créer et améliorer les plantes alimentaires, les races animales et d'autres produits.

Il faut que nous ayons accès aux diverses ressources génétiques de la planète parce que la quasi-totalité des cultures et des animaux domestiques principaux au Canada proviennent d'autres régions du globe. Le Canada doit continuer à participer aux efforts mondiaux concertés de conservation et d'échange des germoplasmes, afin de préserver un vaste patrimoine génétique qui lui assurera une position concurrentielle sur le marché international.

Au Canada, l'impact économique de l'érosion des sols est évalué entre 484 et 707 millions de dollars par an.

Agriculture Canada, 1994

On peut préserver les ressources génétiques dans des installations spécialisées, dans les exploitations agricoles ou dans le milieu naturel. Au Canada, la préservation ex situ joue un rôle crucial en assurant un accès continu à des stocks de reproduction et à des lignées cellulaires viables, qui autrement se perdraient à mesure que les populations et les espèces sauvages de même que les cultures et les races traditionnelles se modifient ou disparaissent. Des efforts sont actuellement déployés au Canada afin de préserver, dans les exploitations agricoles, des variétés de plantes et des races d'animaux domestiqués qui sont rares.

À une plus grande échelle, l'impact de l'agriculture sur d'autres aspects de la biodiversité est reconnu et dans un grand nombre de cas, on a trouvé et appliqué des solutions. Les gouvernements, les producteurs agricoles, les organismes de conservation et d'autres s'attaquent aux problèmes liés à l'érosion du sol, à la contamination chimique de l'eau, à l'assèchement des terres humides, à l'étalement urbain, aux incidences sur les espèces sauvages et sur l'habitat, à l'efficacité énergétique, aux effets sur l'atmosphère et le climat, à la pollution et à la gestion des déchets. En 1991, on estimait que 87 % des prairies herbeuses du Canada avaient été transformées en terres agricoles. Le Canada a établi le parc national des Prairies afin de maintenir une zone représentative de la prairie aride à herbes courtes.

Entre 1989 et 1993, le Programme d'établissement d'un couvert végétal permanent a permis d'interdire la culture de près de 500 000 ha de terres fortement menacées d'érosion.

Administration du rétablissement agricole des Prairies, 1994

Les agriculteurs reconnaissent de plus en plus que leur secteur peut profiter, dans certaines circonstances, de la conservation et de l'amélioration des populations animales et végétales sauvges. Les gouvernements financent des programmes de recherche et de transfert de technologies pour aider les agriculteurs à adopter des pratiques qui résident les impacts sur les écosystèmes environnants. On doit poursuivre les efforts en vue d'optimiser l'utilisation des terres agricoles en déterminant quelles sont les cultures les plus appropriées à des types de sols particuliers et à d'autres conditions. L'utilisation optimale des terres agricoles est un élément essentiel de la durabilité agricole et elle peut également contribuer de façon importante à la conservation de la biodiversité en maintenant ou en améliorant la production végétale sans accroître l'étendue du territoire agricole.

Il est essentiel que le propriétaire foncier et le producteur agricole continuent de participer à l'établissement et à l'application de politiques et de programmes agricoles durables du point de vue environnemental.

Orientations stratégiques

39.
Évaluer les principaux programmes et politiques agricoles gouvernementaux existants et prévus pour veiller à ce qu'ils tiennent compte des objectifs écologiques, économiques, sociaux et culturels.
40.
Maintenir, adapter ou créer des stimulants économiques qui favorisent la conservation de la biodiversité et l'utilisation durable des ressources biologiques sur les terres agricoles.
41.
Répertorier et évaluer les gènes, les populations, les espèces et les écosystèmes pour assurer la conservation des systèmes naturels de régulation et pour désigner des espèces pouvant servir d'agents de lutte biologique.

Amélioration génétique des cultures au Canada

La diversité génétique a permis aux phytogénéticiens du monde entier d'améliorer de nombreuses cultures en les adaptant aux conditions locales.

  • Le laboratoire de recherche sur la rouille d'Agriculture Canada a mis au point et lancé sur le marché une série de variétés de blé qui sont génétiquement résistantes à la rouille de la tige du blé, un champignon qui a dévasté les récoltes de blé de printemps en 1916. Grâce à ce développement, il n'y a eu aucune épidémie de rouille dans l'ouest du Canada depuis 1954, et il n'est plus nécessaire d'épandre des pesticides pour prévenir cette maladie.
  • Depuis les années 50, des caractéristiques comme une forte teneur en protéines et en énergie, la dormance des semences et la résistance à la maladie ont été incorporées dans de nouvelles variétés d'avoine.

Agriculture Canada

42.
Mettre au point et utiliser, en agriculture, des produits antiparasitaires et des méthodes de lutte intégrée pour réduire au minimum les effets néfastes sur les écosystèmes non visés et sur les espèces qui sont déjà en péril ou qui sont en train de le devenir.
43.
Conserver les ressources biologiques qui sont essentielles à l'agriculture, y compris les animaux domestiqués, les plantes, les germoplasmes microbiens et les espèces sauvages apparentées, en accordant la priorité aux ressources génétiques les plus en péril.
44.
Élaborer et appliquer des programmes pour promouvoir et faciliter la coexistence des espèces sauvages (flore, faune et autres organismes) et de leurs habitats dans les paysages agricoles.

45.

Au moyen de la recherche, de la formation et du transfert de technologies, promouvoir l'adoption accrue de pratiques agricoles axées sur le développement durable, notamment de pratiques qui:

  1. réduisent l'érosion des sols, la contamination des eaux de surface et souterraines et la pollutin atmosphérique;
  2. mènent à la détermination de types de sols productifs relativement aux besoins de cultures particulières.
46.
Encourager les producteurs agricoles à dresser des plans de gestion qui appuient la conservation de la biodiversité et l'utilisation durable des ressources biologiques.
47.
Encourager les agriculteurs à partager leurs expériences et leurs connaissances afin de promouvoir des méthodes de gestion propices à la conservation de la biodiversité et à l'utilisation durable des ressources biologiques.
48.
Maintenir ou élaborer des politiques ou des programmes qui conservent la biodiversité en appuyant l'utilisation durable des prairies indigènes.
49.
Délimiter et conserver les zones où vivent des espèces et des communautés indigènes ou qui pourraient être incluses dans des réseaux de zones protégées, en particulier dans les régions très développées, conformément aux orientations de la Stratégie relatives aux zones protégées.

50.

Maintenir ou établir des mécanismes de conservation in situ et ex situ pour appuyer la conservation et l'utilisation durable des ressources biologiques essentielles à l'agriculture, soit:

  1. fixer les priorités régionales, provinciales, territoriales, nationales et internationales ayant trait à la conservation des ressources biologiques, à la recherche et à la formation ainsi qu'à l'établissement d'installations, et donner suite à ces priorités;
  2. continuer d'appuyer les établissements régionaux, provinciaux, territoriaux, fédéraux et internationaux de conservation ex situ qui existent actuellement.

Plans environnementaux pour les fermes

La Ontario Farm Environment Coalition tente d'apporter des réponses aux préoccupations environnementales que suscitent les activités agricoles. Son programme d'action, établi après consultation de 28 importantes organisations agricoles de l'Ontario, est la base d'un processus volontaire d'établissement de plans environnementaux pour les fermes. Les plans font ressortir les menaces possibles pour l'environnement et favorisent des objectifs réalistes pour réduire ces menaces au minimum. Ils font valoir la nécessité de faire des efforts raisonnables pour conserver la biodiversité naturelle de l'Ontario, tout en reconnaissant les besoins des fermes en exploitation. Plus ces plans se répandront, plus la biodiversité naturelle des paysages agricoles ontariens s'améliorera.

Zones aquatiques

Les zones aquatiques englobent les écosystèmes d'eau douce et d'eau salée et les milieux humides. Depuis des siècles, les êtres humains se servent des écosystèmes aquatiques pour l'alimentation, les loisirs, le traitement des eaux usées, le transport, l'irrigation et à des fins culturelles et spirituelles. Les eaux souterraines et de surface sont utilisées comme sources d'eau potable, et l'accès aux sources d'eau a été un facteur déterminant dans le choix des emplacements pour les villages, les villes, les fermes et les autres établissements humains. Dans le monde, les écosystèmes aquatiques fournissent à eux seuls le plus de protéines animales pour consommation humaine. Les ressources aquatiques entrent dans la fabrication de médicaments et servent de matières premières à des entreprises manufacturières. Les écosystèmes marins jouent un rôle écologique primordial, exerçant une influence sur les phénomènes planétaires comme l'absorption du dioxide de carbone atmosphérique.

Emplois directs et indirects dans le secteur des pêches :

1990 - 130 000 personnes
1994 - 100 000 personnes

Ministère des Pêches et des Océans, 1994

Bien que les humains profitent énormément des écosystèmes aquatiques, ils n'en utilisent pas toujours les ressources de façon durable. Certains de ces écosystèmes sont agressés par l'exploitation commerciale, le transport à distance des contaminants, la perte d'habitats et le développement local et régional.

Les écosystèmes des Grands Lacs et du Saint-Laurent ont été largement perturbés par la pêche intensive, les espèces introduites, les polluants et les modifications de l'habitat. Le long de la côte atlantique, la diminution importante d'espèces de poisson de fond, comme la morue du Nord, semble due à plusieurs facteurs, dont la surexploitation, la prédation, des méthodes de récolte inadéquates et des facteurs du milieu, qui ont nui à la survie des très jeunes poissons, aux taux de croissance et aux comportements. Sur la côte du Pacifique, les populations de saumon, de flétan et de hareng ont subi des fluctuations majeures à cause des pressions de la pêche et des changements écologiques.

D'importantes réductions dans la taille et la distribution des populations peuvent contribuer à l'affaiblissement de la diversité génétique et, à la longue, à la disparition d'espèces. Une diminution importante des taux de récolte des ressources aquatiques peut s'avérer dévastatrice pour l'économie et les assises sociales des localités qui dépendent des ressources biologiques.

Au Canada, on dénombre au moins 36 lois fédérales, 20 lois provinciales et territoriales, ainsi que de nombreuses ententes et conventions internationales qui touchent la protection et l'utilisation des ressources et milieux aquatiques.

Le canada réagit aux problèmes des ressources aquatiques par diverses mesures : il affecte des ressources financières et humaines au règlement des problèmes de gestion, il met en oeuvre des programmes de restauration et de protection de l'habitat et il établit et concrétise des programmes de restauration et de réhabilitation visant la qualité de l'eau. Il poursuit sa collaboration avec d'autres pays au sujet des dossiers internationaux touchant les ressources aquatiques.

Orientations stratégiques

51.
Évaluer les principaux programmes et politiques gouvernementaux existants et prévus en matière de ressources aquatiques pour veiller à ce qu'ils tiennent compte d'objectifs écologiques, économiques, sociaux et culturels.
52.
Utiliser des critères objectifs pour déterminer les sites à restaurer et à réhabiliter et, autant que possible, restaurer et réhabiliter les écosystèmes aquatiques détériorés.
53.
Mettre en oeuvre des programmes de recensement et de surveillance ainsi que des systèmes de classification des ressources biologiques et écologiques pour déterminer les mesures indiquées de conservation de la biodiversité et établir un cadre de gestion durable des ressources aquatiques.
54.
Acquérir une compréhension accrue de la structure, du rôle et de la composition des écosystèmes aquatiques afin d'améliorer les méthodes de conservation et de gestion.
55.
Accroître les efforts pour conserver la biodiversité aquatique en protégeant les espèces et les écosystèmes en péril, les espèces endémiques, les frayères vulnérables et les écosystèmes uniques et représentatifs.
56.
Créer des réserves pour conserver la biodiversité aquatique et contribuer au développement des réseaux nationaux et internationaux de zones protégées, conformément aux orientations de la Stratégie relatives aux zones protégées.
57.
Mettre au point des programmes de formation visant à promouvoir l'utilisation du matériel et des techniques de récolte qui permettent d'éliminer ou de réduire à des niveaux acceptables les effets nocifs sur les populations, les espèces, les habitats et les écosystèmes, y compris les prises de poissons trop petits, les prises fortuites et la destruction des habitats.

58.

Réduire à des niveaux acceptables ou éliminer les effets nocifs, sur la biodiversité aquatique, de l'introduction d'espèces qui résulte de projets d'aquiculture, de programmes d'amélioration des pêches et de transferts d'eau et d'organismes entre bassins.

Conseil de conservation des ressources halieutiques

Établi en 1992, le Conseil a créé un partenariat entre gouvernements, scientifiques et membres de l'industrie des pêches afin de déterminer les besoins de gestion dans le Canada atlantique. Le Conseil a recommandé des changements dans l'approche de gestion des pêches, notamment :

  • le virage vers une approche écosystémique;
  • la réalisation de recherches selon une méthode interdisciplinaire;
  • l'amélioration de nos connaissances sur les effets de la pêche sur les stocks de poissons;
  • l'amélioration de la communication entre les scientifiques et les personnes qui ont la connaissance et l'expérience pratique de l'industrie des pêcheries.
59.
Étudier la possibilité d'utiliser d'autres mécanismes de gestion des ressources aquatiques afin d'améliorer l'intégration des objectifs sociaux, culturels, économiques et écologiques.
60.
Participer à des efforts internationaux de conservation des poissons afin d'élaborer des approches de gestion écologique et d'en encourager la mise en oeuvre, et afin de mettre au point des ententes d'utilisation durable.

61.

Conserver les ressources de poissons marins par les moyens suivants:

  1. prendre des mesures efficaces pour empêcher la surpêche étrangère à l'extérieur de la limite de 200 milles du Canada;
  2. améliorer l'application des règles existantes de la Northwest Atlantic Fisheries Organization (NAFO);
  3. accroître la collaboration internationale en ce qui a trait à l'élaboration de politiques de conservation et d'utilisation durable en tirant profit des discussions tenues à la Conférence des Nations Unies sur les stocks de poissons dont les déplacements s'effectuent tant à l'intérieur qu'au delà de zones économiques exclusives et les stocks de poissons grands migrateurs.
62.
Appuyer l'établissement d'ententes internationales visant à encourager la détermination d'éléments de référence biologiques, dans la gestion des pêcheries, qui fournissent une base pour la conservation et l'utilisation durable des espèces récoltées.
63.
Améliorer la communication avec ceux qui possèdent des connaissances traditionnelles afin d'améliorer le partage d'information et de promouvoir la conservation de la biodiversité aquatique et l'utilisation durable des ressources biologiques aquatiques.

64.

Maintenir ou mettre au point des mécanismes in situ et ex situ afin d'appuyer la conservation de la biodiversité et l'utilisation durable des ressources biologiques aquatiques, soit:

  1. fixer les priorités régionales, provinciales, territoriales, fédérales et internationales ayant trait à la conservation des ressources biologiques aquatiques, à la recherche et à la formation ainsi qu'à l'établissement de nouvelles installations, et donner suite à ces priorités;
  2. fixer les priorités régionales, provinciales, territoriales, fédérales et internationales concernant les ressources biologiques aquatiques, les installations, la recherche et la formation ex situ.

Zones forestières

Les forêts couvrent la moitié du territoire canadien et sont essentielles à la survie de nombreuses espèces. Elles ont une grande importance écologique à l'échelle planétaire et elles apportent également une contribution substantielle à notre bien-être économique et social. Environ 300 localités dépendent largement de la foresterie et plus de 800 000 personnes travaillent dans l'industrie des produits forestiers ou pour des organisations qui y sont associées. En 1993, nos exportations de produits forestiers ont compté pour 22,4 milliards de dollards dans notre balance commerciale nette.

Les ressources forestières procurent de la nourriture, du combustible et des médicaments à de nombreuses collectivités; on s'en sert aussi pour la chasse, le piégeage et la cueillette, pour des fins spirituelles ou religieuses et pour le plaisir de la vie dans la nature. Avoir accès à la forêt et profiter de ses attraits améliorent de beaucoup la qualitéde vie. Bien qu'il soit difficile de leur attribuer une valeur pécuniaire, les avantages sociaux et culturels de la forêt sont extrêmement importants et doivent être pris en compte pour déterminer les utilisations de la ressource.

Objectif énoncé dans Durabilité des forêts : un engagement canadien

Conserver et accroître la santé de nos écosystèmes forestiers à long terme, pour le bien de tous les êtres vivants, au pays comme partout au monde, tout en offrant des possibilités écologiques, économiques, sociales et culturelles aux générations actuelles et futures.

Étant donné l'importance des forêts pour les Canadiens et les utilisations diverses qu'ils en font, il est essentiel que l'on continue à mettre en oeuvre des pratiques de gestion intégrée et à les améliorer. Les décisions de gestion doivent s'appuyer sur la meilleure connaissance possible des écosystèmes forestiers et des répercussions des différentes utilisations qui en sont faites.

Les gouvernements, les compagnies forestières, les propriétaires de boisés, les groupes de conservation et d'autres organismes et personnes affectent actuellement des ressources aux dossiers forestiers. La recherche et les nouvelles technologies améliorent les pratiques d'aménagement. En outre, on s'emploie davantage à améliorer les inventaires forestiers et à réduire les effets néfastes sur le sol, l'eau et les espèces sauvages. On met aussi en application divers mécanismes, par exemple des plans d'utilisation du territoire ainsi que des plans et lignes directrices pour l'aménagement des forêts, pour régler les conflits entre les utilisateurs. Des zones protégées ont été et continueront d'être établies pour favoriser la conservation de la biodiversité forestière. En 1992, la stratégie nationale sur les forêts a été rendue publique sous le titre Durabilité des forêts : un engagement canadien et cette stratégie est actuellement mise en oeuvre. Elle sert de cadre aux différentes instances pour qu'elles s'occupent des questions forestières et profitent de toutes les occasions. La Stratégie canadienne de la biodiversité ne reproduit pas tous les éléments de la stratégie nationale sur les forêts; elle tente plutôt d'ajouter aux éléments qui contribuent le plus aux objectifs de la Convention sur la diversité biologique.

La Stratégie nationale sur les forêts intitulée « Durabilité des forêts : un engagement canadien » présente une vision nouvelle de l'avenir des forêts au pays. Conservation de la biodiversité et utilisation durable des ressources biologiques y sont des thèmes importants, et des mesures sont prises partout au pays pour garantir l'atteinte de ces objectifs.

Orientations stratégiques

65.
Évaluer les principaux programmes et politiques actuels et prévus des gouvernements en matière de forêts pour veiller à ce qu'ils tiennent compte d'objectifs écologiques, économiques, sociaux et culturels.
66.
Accroître notre compréhension de la biodiversité des forêts en améliorant les systèmes de classification des aires écologiques ainsi que le recensement et la surveillance des espèces commerciales et non commerciales, des sols, du biote du sol, du climat et des autres caractéristiques biophysiques.
67.
Accroître notre compréhension des fonctions écologiques des forêts en déterminant les avantages des services écologiques fournis par les écosystèmes forestiers, en surveillant la réaction des écosystèmes forestiers aux pratiques d'aménagement et au moyen d'autres activités.
68.
Éliminer ou réduire à des niveaux acceptables les effets nuisibles des pratiques d'aménagement forestier sur les bassins hydrographiques, les sols, les écosystèmes adjacents et les espèces.

69.

Continuer à mettre au point et à mettre en oeuvre des pratiques d'aménagement forestier améliorées qui assurent l'utilisation durable des forêts tout en préservant la mosaïque forestière régionale. Appliquer des pratiques qui s'harmonisent autant que possible avec les régimes, les cycles et les phénomènes naturels de perturbation.

Les forêts du Canada

Le Canada renferme 416 millions ha de terres boisées. Un peu plus de la moitié de cette superficie est considérée comme étant capable de produire du bois. Environ 119 millions ha sont actuellement gérés pour la production du bois. On trouve également, surtout dans le nord du Canada, 156 millions ha de forêts « claires », constituées de muskegs, de petits arbres et d'arbustes, qui seront probablement laissées à l'état naturel. Environ 12% de nos terres boisées a été protégé de la récolte par des politiques ou des lois.

Les gouvernements provinciaux sont responsables de la gestion de 71% des forêts du pays, tandis que les gouvernement fédéral et territoriaux en gèrent 23%. Six pour cent des forêts du Canada se trouvent sur des terrains privés qui appartiennent à plus de 425 000 propriétaires.

Rapport sur l'état des forêts au Canada, 1993

70.
Offrir de meilleures occasions de formation aux scientifiques, aux aménagistes et aux travailleurs du secteur des forêts afin de mieux leur faire connaître les écosystèmes forestiers.
71.
Recourir à la lutte intégrée afin d'éliminer ou de réduire à des niveaux acceptables les effets nocifs sur les espèces et les écosystèmes non visés.
72.
Répertorier et évaluer les écosystèmes forestiers et les espèces qui s'y trouvent afin d'assurer la conservation des systèmes de contrôle biologique naturels et de trouver des espèces qui pourraient être utilisées comme agents de lutte biologique.
73.
Élaborer et appliquer des programmes qui visent à conserver la diversité génétique des espèces d'arbres dans des conditions in situ.
74.
Constituer et maintenir des banques de semences et de gènes clonaux forestiers pour conserver la diversité génétique des espèces d'arbres.
75.
Laisser les incendies, les maladies, la succession et la régénération naturelle assurer la biodiversité lorsqu'ils sont compatibles avec les objectifs de la foresterie et d'autres modes d'aménagement du territoire et lorsque la régénération naturelle peut être efficace.

76.

En consultation avec les administrations municipales et régionales, les propriétaires fonciers et les locataires à bail, repérer et corriger les politiques qui découragent la conservation de la biodiversité et l'utilisation durable des ressources biologiques forestières sur les terres privées et les terres domaniales louées.

Oiseaux, biodiversité et gestion des forêts

En 1989, le Service canadien de la faune et le ministère ontarien des Richesses naturelles ont entrepris ensemble une recherche sur la valeur d'une démarche écosystémique pour décrire l'habitat de certaines espèces sauvages dans le contexte de la gestion des forêts.

La recherche a permis de déceler des tendances distinctes dans la répartition et l'abondance de plus de 70 espèces d'oiseaux pour 38 types de peuplements mûrs. La gestion de ces types de forêts permet aussi de conserver des éléments des écosystèmes pour beaucoup d'autres espèces et contribue au maintien de la biodiversité forestière.

77.
Là où la chose est possible, restaurer ou réhabiliter les écosystèmes forestiers dégradés quand cela peut contribuer pour beaucoup à la conservation de la biodiversité.
78.
Établir des zones protégées afin de conserver des écosystèmes forestiers représentatifs et cruciaux dans le cadre du réseau global des zones protégées, conformément aux orientations de la Stratégie relatives aux zones protégées.
79.
Établir et mettre en oeuvre des plans d'aménagement forestier et des codes de pratiques afin de promouvoir l'utilisation durable des écosystèmes forestiers et la conservation de la biodiversité.
80.
Appuyer la recherche, les pratiques de gestion et les politiques qui évaluent et favorisent de nouvelles utilisations des produits forestiers ligneux et non ligneux dans le but d'accroître le rendement économique des écosystèmes forestiers tout en conservant la biodiversité.