Contaminants

État et tendances
diminution en général des contaminants hérités (l'état s'améliore); augmentation en général des contaminants nouveaux (l'état se détériore)

Préoccupations, quelques améliorations, une certaine
quelques données fiables, mais couverture spatiale insuffisante
Fiabilité de la constatation moyenne

CONSTATATION CLÉ 11. Dans l'ensemble, les concentrations d'anciens contaminants dans les écosystèmes terrestres et dans les écosystèmes d'eau douce et d'eau marine ont diminué au cours des 10 à 40 dernières années. Les concentrations de beaucoup de nouveaux contaminants sont en progression dans la faune; les teneurs en mercure sont en train d'augmenter chez certaines espèces sauvages de certaines régions.

Cette constatation clé est divisée en cinq parties :

Les contaminants sont des substances qui sont introduites dans l'environnement par l'entremise d'activités humaines. Certains contaminants, comme le mercure, sont présents de façon naturelle dans l'environnement, mais l'activité humaine peut accroître leur concentration à des niveaux qui peuvent représenter un danger pour les écosystèmes et l'être humain. Les contaminants sont parfois transportés sur de grandes distances dans l'atmosphère et les océans et se retrouvent dans des écosystèmes éloignés de leurs sources. Cette constatation clé tient seulement compte des contaminants qui persistent dans l'environnement et qui s'accumulent dans les tissus des plantes et des animaux. Les contaminants issus d'activités antérieures (ou contaminants hérités, contaminants anciens) ont été interdits ou restreints, mais sont encore omniprésents dans l'environnement. Les contaminants nouveaux sont des substances chimiques plus récentes ou des substances qui sont utilisées depuis un certain temps et qui ont récemment été détectées dans l'environnement. Généralement, ils sont toujours en usage ou sont seulement partiellement réglementés.

Les contaminants peuvent nuire aux espèces et aux écosystèmes, en plus de perturber les services écosystémiques. Ils peuvent avoir une incidence directe sur les animaux lorsqu'ils sont présents dans leur nourriture, par exemple en nuisant à leur reproduction, et peuvent également devenir un problème pour les humains qui se nourrissent de ces animaux - plus particulièrement pour les Autochtones dont l'alimentation se compose en grande partie de viande de mammifères marins et de poissons1. La présence répandue de contaminants dans la faune a commencé à soulever des inquiétudes au Canada à partir des années 1970. Depuis ce temps, les concentrations de certains contaminants ont fait l'objet de suivis pendant diverses périodes chez certaines espèces et dans plusieurs régions du pays. Il existe des ensembles continus de données à long terme qui permettent une analyse des tendances, mais ils sont limités à quelques régions, par exemple les Grands Lacs et certaines zones Arctiques.

Plusieurs polluants organiques persistants, notamment le dichlorodiphényltrichloréthane (DDT), un pesticide, et les biphényles polychlorés (BPC), des produits chimiques industriels, sont considérés comme des contaminants hérités. Même si leur utilisation a été interdite ou restreinte, certaines de ces substances sont toujours présentes à des concentrations susceptibles de porter atteinte à la santé de prédateurs de niveau trophique supérieur qui ont une longue durée de vie, notamment les épaulards2 et les ours blancs3, ainsi que dans les régions où elles ont été abondamment utilisées au cours de l'histoire, par exemple les Grands Lacs4.

Les ignifugeants bromés comme les polybromodiphényléthers (PBDE) constituent une catégorie de contaminants nouveaux qui sont décelés dans l'environnement à des teneurs croissantes depuis le milieu des années 1980, et ce, même dans les régions éloignées. Les concentrations de certains d'entre eux ont montré des signes de stabilisation ou de déclin au cours des dernières années en raison de la nouvelle réglementation et de la réduction de leur utilisation1. Certains pesticides et herbicides sont des exemples d'autres contaminants nouveaux utilisés actuellement.

Le mercure constitue un troisième exemple de contaminant qui peut s'accumuler chez les espèces sauvages. Bien que le mercure soit un élément d'origine naturelle, une bonne partie du mercure présent dans les systèmes d'eau douce et d'eau salée provient de sources industrielles comme les centrales thermiques alimentées au charbon – et les rejets de mercure augmentent dans certaines régions du monde5. Par ailleurs, les concentrations de mercure chez les animaux varient considérablement, et les tendances observées sont mixtes1.

Aperçu des constatations clés