Prairies

État et tendances
taux de perte freiné; superficie amoindrie et santé compromise à de nombreux endroits
Altéré, empire lentement ou modérément
données incomplètes, mais tendances claires
Fiabilité de la constatation élevée

CONSTATATION CLÉ 2 : L'étendue des prairies indigènes n'est plus qu'une fraction de ce qu'elle était à l'origine. Bien qu'à un rythme plus lent, la disparition des prairies se poursuit dans certaines régions. La santé de bon nombre de prairies existantes a également été compromise par divers facteurs de stress.

Cette constatation clé est divisée en deux parties :

Les prairies sont des écosystèmes ouverts, constitués principalement d'une végétation herbacée (non ligneuse). On trouve les prairies tempérées types, comme celles du Canada, dans les zones plutôt sèches, où les hivers sont froids, et les sols, riches et profonds. Ayant historiquement subsisté grâce aux sécheresses, aux feux et au broutage, les prairies tempérées sont les écosystèmes les plus transformés de la planète et un des écosystèmes les plus menacés, présentant le risque le plus élevé d'une perte de biodiversité à l'échelle du biome1, 2. Quoique d'autres types d'écosystèmes tels que les savanes de chênes, les alvars et les dunes puissent assurer la survie des prairies, parce qu'ils en contiennent, cette constation traite uniquement des prairies et des steppes.

Les prairies sont importantes en tant qu'habitat pour de nombreuses espèces, y compris bon nombre d'espèces en péril du pays. Elles contribuent également à la conservation du sol et de l'eau, au recyclage des éléments nutritifs, à la pollinisation et à la régulation du climat; elles offrent de grands pâturages pour le bétail, du matériel génétique pour les cultures, une aire pour les loisirs et un réservoir pour environ 34 % des stocks mondiaux de carbone terrestre1, 3.

Disparition des Prairies
Pourcentage estimé des pertes jusqu’au début des années 1990
Carte et graphique : Affichant disparition des prairies. Cliquez pour obtenir une description du graphique (nouvelle fenêtre).

Sources : Carte de la Colombie-Britannique adaptée du Grasslands Conservation Council of British Columbia, 200917; carte des Prairies adaptée d'Ostlie et Haferman, 1999, cités dans White et al., 20003; carte du Manitoba adaptée de Joyce et Morgan, 19899; carte de l'Ontario adaptée du Centre d'information sur le patrimoine naturel, cité dans l'Ontario Tallgrass Prairie and Savanna Association18.

Sources dans graphique: Riley et al., 2007;4 Joyce et Morgan, 1989;9 Ministère des Richesses naturelles, 2009;10 Grasslands Conservation Council of British Columbia, 2004;11 British Columbia Ministry of Environment, 2007;12 Watts, 1969;14 Samson et Knopf, 1994;15 Bakowsky, 199316.

Modifications de l'étendue

Les prairies indigènes disparaissent plus rapidement que n'importe quel autre biome important de l'Amérique du Nord2. Au Canada, cette disparition est surtout survenue avant les années 19304, en grande partie à cause de la transformation des terres pour la culture2, Cette transformation se poursuit aujourd'hui, les prairies restantes accusant souvent les plus grandes pertes5, 6.

  • La prairie mixte et de fétuques couvre à l'heure actuelle plus de 110 000 km2 (25 %) des provinces des Prairies. On estime en 1990, d'après la télédétection, que 70 % de la végétation originale, incluant les prairies, a été convertie en d'autres utilisations4 La transformation des prairies indigènes se poursuit,6, 7 mais à un taux inférieur. De 1971 à 1986, la perte globale a été estimée à 3 %7. Les pertes varient entre les régions; par exemple, une perte de 10 % a été remarquée dans certaines d'entre elles entre 1985 et 20016.
  • La prairie à herbes hautes, soit la prairie la plus menacée de l'Amérique du Nord8, couvre maintenant seulement environ 100 m2 des 6000 km2 qu'elle couvrait au Manitoba9 et des 820 km2 qu’elle couvrait en Ontario10. Les petites parcelles qui restent risquent toujours d'être converties; en effet, 23 % des parcelles qui restaient au Manitoba ont été aménagées entre 1987 et 2006. L'étendue de seulement quelques parcelles plus importantes, dont la conservation est assurée, a augmenté en raison d'activités soutenues de restauration5.
  • En Colombie-Britannique, de 15 % à 19 % des graminées cespiteuses et d'armoises ont disparu avant 199011, 12. Entre 1990 et 2005, c’est un autre 1 % des prairies originales qui a disparu12. Les pertes dans certaines régions ont été plus importantes; par exemple, les pertes au sein des communautés de prairie du sud de l'Okanagan étaient de l'ordre de 33 à 75 % entre 1800 et 200513. Il ne reste que de petits vestiges des anciennes vastes prairies du nord de la Colombie-Britannique12.

Photo : Prairies mixte, Parc National des Prairies, Saskatchewan © Parcs Canada , M. Finkelstein, 2005
Prairies mixte, Parc National des Prairies, Saskatchewan © Parcs Canada , M. Finkelstein, 2005

Monde

Tendances mondiales

En 1950, les prairies tempérées, qui couvrent 8 % de la Terre31, avaient perdu 70 % de leur couverture indigène, et 15 % supplémentaires ont été perdues depuis32. En Amérique du Nord, plus de 97 % de la prairie à herbes hautes8, 33, 34, 71 % de la prairie mixte et 48 % de la prairie à herbes courtes avaient disparu en 20038.
Aperçu des constatations clés